
Cecilia Barreto
Cecilia Barreto développe une pratique picturale rigoureuse et profondément critique, dans laquelle elle articule abstraction visuelle, analyse économique et réflexion territoriale pour examiner comment le capitalisme mondial laisse des traces matérielles et symboliques dans notre société. Son œuvre se distingue par sa capacité à traduire des données financières —telles que des graphiques boursiers ou des indicateurs de marché— en compositions plastiques qui confrontent le spectateur aux langages invisibles du pouvoir. Tout au long de son évolution, elle a élargi son approche de la représentation directe de l'économie vers une peinture plus contenue, où le capital apparaît sous forme, texture ou vide. Sa puissance réside dans la cohérence conceptuelle avec laquelle elle aborde des thèmes complexes —tels que l'extractivisme, la valeur abstraite ou la violence du paysage—, les résolvant toujours à partir d'un langage technique épuré, matériel et formellement précis. Dans un contexte contemporain saturé d'informations, Barreto propose une peinture qui non seulement représente, mais pense, déconstruisant les codes visuels du système depuis l'intérieur même du médium.
Informations financières
Capital abstracto
Capital Abstrait synthétise sa trajectoire dans un langage pictural épuré où le capital n'est plus seulement thème, mais forme. Par l'utilisation de matériaux industriels, de compositions contenues et de surfaces brillantes ou opaques, Cecilia construit des peintures qui incarnent la logique abstraite de la valeur financière. Cette série consolide son approche : une pratique où la critique du système économique se résout depuis la matérialité même du geste pictural.
AMÉRIQUE SEULE
« Amérique Seule » de Cecilia Barreto explore les tensions politiques et économiques qui façonnent l'Amérique du Nord et latine, en se concentrant sur l'influence des États-Unis et de la Chine sur la souveraineté et les territoires collectifs. Par l'installation, la peinture et des diagrammes, elle transforme des traités, des mégaprojets et des flux économiques en atmosphères qui révèlent des frictions entre autonomie et dépendance, mémoire et contrôle, invitant à réfléchir aux relations de pouvoir et aux futurs possibles.
Cielo abierto
Ciel Ouvert marque une inflexion vers le territoire comme surface intervenue par le capital. Basée sur une recherche sur l'exploitation minière à ciel ouvert, l'artiste incorpore des éléments topographiques et des compositions stratifiées qui dialoguent avec des fragments d'informations financières. Avec une palette terreuse et des techniques matérielles, Cecilia transforme la toile en un espace où coexistent la donnée économique et la géographie dévastée, articulant une critique du modèle extractif depuis la peinture.
Everybody Knows
Barreto étend son approche aux échelles systémiques du capital, influencée par la notion d'hyperobjets de Timothy Morton. Ici, le financier n'apparaît plus comme donnée explicite, mais comme une présence débordante et quasi inaisissable. À travers des blocs de couleur condensés, des tensions compositionnelles et des formes flottantes, elle développe un langage abstrait plus contenu, où la critique se manifeste par accumulation formelle et non par représentation directe.
Happy Markets
Cecilia Barreto entame son exploration critique des langages du marché financier, s'appropriant des graphiques boursiers, des cotations et des structures propres à l'analyse technique comme matière picturale. Par des compositions saturées et des références à des interfaces numériques, elle traduit ces éléments dans le langage de la peinture pour mettre en évidence comment le système économique construit des fictions visuelles de stabilité. Cette série inaugure sa méthode de travail : la peinture comme champ de confrontation entre abstraction formelle et critique structurelle.

































