Dans le tableau "Bambi", chaque objet représente un aspect de l'histoire, formant une symphonie visuelle qui évoque les émotions et les leçons. Le livre "Bambi", cet élément central, est plus qu'une simple pièce littéraire ; il est le véhicule des souvenirs et des leçons que le conte nous offre. Sa présence dans le tableau donne le ton de l'œuvre, nous rappelant que les histoires que nous lisons peuvent avoir un impact durable sur notre vision du monde. Ainsi, le livre devient un symbole de sagesse et du lien entre les générations, où les mêmes thèmes d'innocence et de perte se transmettent de manière intemporelle.
Le conte écrit par Félix Salten a été interdit dans l'Allemagne nazie pour son contenu métaphorique, qui faisait penser à l'extermination juive. C'est un récit sous forme de fable qui propose une réflexion plus sérieuse que celle que Disney nous a présentée à l'époque. Sur l'étagère, accompagnant le livre, se trouve un jeune cerf en jouet, c'est le reflet tangible de Bambi dans sa forme la plus vulnérable et innocente. Les taches rouges qui ornent sa surface indiquent non seulement l'imperfection, mais aussi les cicatrices d'expériences difficiles qui marquent notre vie. Tout comme Bambi est confronté à la cruauté et à la beauté de son environnement, le jeune cerf en jouet nous rappelle que l'innocence peut être ternie par les luttes internes et externes que nous affrontons tous.
Un chiffon bleu ciel avec ses taches symbolise l'espace sûr et familier que nous associons souvent à l'enfance. Dans la narration de "Bambi", le bonheur et la légèreté des premiers jours contrastent avec les défis qui surviennent ensuite. Cet élément, par sa couleur et par le fait qu'il s'agisse d'un élément de nettoyage, pourrait être le refuge émotionnel que procurent la famille et les amis, qui nous aident à nettoyer les émotions négatives qui souillent notre chemin.
Il y a une toupie aux couleurs vives qui, bien qu'étant un jouet, dans la culture de Salten (juive), est devenue un symbole de lutte et de la persévérance de la foi comme une arme solide pour défendre nos convictions.
Derrière ces éléments, une planche de peinture sale souligne que la création et l'expérience sont liées à l'imperfection. Chaque tache est un témoignage de l'art de vivre, où les histoires s'entrelacent et les émotions se plasment dans une palette chaotique, tout comme le paysage qui entoure Bambi, notre réalité est pleine de couches, de nuances et de complexités.
Ensemble, ces objets ne représentent pas seulement des éléments visuels, mais fonctionnent comme des métaphores qui encapsulent l'essence de "Bambi". Ensemble, ils racontent une histoire de croissance, de lutte et de rédemption, où chaque pièce nous invite à réfléchir sur notre propre parcours à travers la vie.
Le travail de Lorenzo Fernández repose sur une exploration profonde de l'hyperréalisme comme langage poétique et conceptuel. Sa peinture, exécutée sans support photographique et basée exclusivement sur l'observation directe, revendique la tradition technique de la peinture sur bois pour atteindre une précision qui transcende le mimétisme. Chaque objet, surface ou atmosphère est traité comme un symbole potentiel, un déclencheur de mémoire ou une forme silencieuse de narration.
Loin de la froideur documentaire, Fernández utilise la rigueur technique pour intensifier l'émotionnel. La lumière, l'ordre compositionnel et le vide acquièrent un rôle structurel : ce sont les éléments qui articulent la dimension psychologique de ses scènes. Ses œuvres proposent une expérience contemplative où le quotidien devient énigme et où chaque élément —aussi insignifiant qu'il puisse paraître— parle de la fragilité du temps, de la persistance de la mémoire et du mystère du réel.